Les Russes visent le prix Nobel grâce à l’impression 3D.

  Comme beaucoup d’entre vous le savent, la révolution de l’impression 3D est en expansion rapide et de nouvelles aventures technologiques font l’actualité de notre site quotidiennement. Parmi ces dernières, la bio-impression est celle qui représente le plus grand défi avec la création de tissu cellulaire. Des tests ont déjà montré que la bio-impression est potentiellement capable de produire des vaisseaux sanguins, des réseaux vasculaires et d’autres tissus transplantables. Lorsque que la technologie deviendra à la fois disponible et commercialement intéressante, elle pourrait naturellement avoir de graves conséquences économiques et biologiques pour l’industrie alimentaire et le secteur médical et offrir une première mondiale très prochainement.

De nombreuses équipes de scientifiques travaillent déjà sur des solutions de bio-impression, mais l’une des plus prometteuses et certainement la plus ambitieuse d’entre elle est la société russe 3D Bioprinting Solutions. Basé au Centre d’innovation Skolkovo près de Moscou, sous la direction du professeur Vladimir Mironov, elle a travaillé sur une imprimante 3D Bio pendant plusieurs mois.

Il y a deux mois, nous avons déjà rédigé un article sur 3D Bioprinting Solutions lorsque nous avons appris qu’ils avaient déposé une demande de brevet pour leur bio-imprimante. Mais cette fois, ils ont annoncé aux journalistes russes leur intention de transplanter, en Mars 2015, le premier organe imprimé au monde, une glande thyroïde.

Cette glande sera destinée à des souris, plutôt qu’aux humains. Le Professeur Mironov, qui dirige le projet, a expliqué avoir choisi une glande thyroïde pour sa relative simplicité, et il espère que cet organe révélera que les organes bio-imprimés sont compatibles avec des organismes vivants :  » Nous allons commencer avec la souris. Nous fermons la thyroïde avec de l’iode radioactif, qui diminuera le niveau d’hormones dans l’organisme. Nous allons ensuite transplanter la structure bio-imprimée, et si le niveau d’hormones revient à la normale, nous allons célébrer cette réussite avec du champagne !  »

La bio-imprimante 3D russe utilise des cellules souches. Les chercheurs de 3D Bioprinting Solutions sont déjà capables de produire des bio-encre en respectant une procédure standardisée de laboratoire. Les cellules sont extraites à partir de la graisse de tissu de souris. Et comme elles sont fabriquées à partir des propres cellules de la souris, elles ne seront pas rejetées après la transplantation.

Les cellules souches sont extraites à partir de tissu adipeux et peuvent servir de matériau de construction pour tous les tissus du corps. Pour la bio-impression en trois dimensions les cellules sont transformées en sphéroïdes, une agrégation de cellules en couches, selon une conception d’organes numériques préétablie sur hydrogel. Le gel se dissout, et l’organe imprimé est placé dans un bioréacteur spécial, où il mûrit.

Bien sûr, la vraie question à l’esprit de chacun est : quand cette technologie deviendra t’elle disponible pour les humains ? Le professeur Mironov répond qu’il a l’intention de développer des reins humains imprimables et pleinement fonctionnels en 2018. L’accent est mis sur les reins car l’insuffisance rénale tue des milliers de personne chaque année. Le professeur a ajouté que  » celui qui sera le premier à imprimer, puis transplanter un rein avec succès sur un patient qui restera en vie pourra obtenir le prix Nobel. »

Et comme si cela ne suffisait pas, 3D Bioprinting Solutions a également annoncé qu’il développe une solution de bio-impression pour l’espace. Bien que reposant actuellement sur la gravité pour être imprimé dans une structure de couches successives, les scientifiques étudient également la possibilité de créer un champ magnétique spéciale qui permettrait d’imprimer en apesanteur. L’essai de cette innovation aura lieu à bord de la Station spatiale internationale dans un avenir proche.

2030 : « Docteur, pouvez-vous me prescrire un nouveau foie, le mien est un peu faible ? Biensûr, il sera prêt dans quelques heures … » et pourquoi pas ? Le futur n’est peut-être pas si loin …

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