Un embryon humain imprimé en 3D

  80% des embryons conçus in vitro échouent à s’implanter dans l’utérus maternel provoquant le désarroi des futurs parents déjà affectés par des difficultés à procréer. Lors d’une FIV, pour multiplier les chances, plusieurs embryons sont mis en culture. Avant d’en implanter un dans l’utérus, il s’agit pour les médecins de sélectionner celui qui présente les meilleures chances de « s’accrocher ». Jusqu’à présent, cette sélection était réalisée au microscope selon des critères morphologiques pas toujours évident à bien étudier. Le CHRU de Montpellier a peut-être trouvé le moyen de réduire ce triste pourcentage en imprimant en 3D, pour la première fois au monde, un embryon humain conçu in vitro.

Pourquoi faire ?

Pour observer l’état de santé de l’embryon et sélectionner celui qui aura le plus de chances de s’implanter dans l’utérus. Une petite prouesse qui pourrait sensiblement améliorer les chances de réussite des fécondations in vitro.

Sous la direction du Pr Samir Hamamah, l’équipe du département de biologie de la reproduction du CHRU de Montpellier a pu imprimer en 3D la morphologie de l’embryon. Grâce à cette représentation ultra-précise, de l’ordre du micron, il est possible d’améliorer l’évaluation morphologique de l’embryon préimplantatoire et par là même d’accroître les taux de succès.

« Le modèle imprimé en 3D nous permet d’examiner l’embryon tranquillement », a expliqué à Europe1 le Pr Samir Hamamah, chef du département de reproduction in vitro du CHRU de Montpellier. Alors que près de deux FIV sur trois se soldent encore par un échec, nul doute que cette technique pourrait rapidement se généraliser. Le CHRU de Montpellier a présenté lundi un système permettant d’observer et d’imprimer en 3D l’embryon humain préimplantatoire, ce qui pourrait permettre à terme de doubler le taux de réussite de la fécondation in vitro.

« Jusqu’à présent dans le cas d’une AMP (assistance médicale à la procréation), on observait les embryons au microscope sur un seul plan. Avec cette avancée médicale, nous prenons plusieurs plans de l’embryon que nous plaçons dans un logiciel, ce qui permet de le reconstituer et de l’imprimer également en 3D« , a expliqué le Pr Samir Hamamah.

« Avec cette approche non invasive, nous améliorons de façon significative le choix de l’embryon à replacer dans la cavité utérine et nous espérons doubler la réussite de la FIV qui est actuellement de 20%« , a ajouté le Pr Hamamah, soulignant qu’il y a « un respect total de l’éthique« .

Cette innovation, fruit de la collaboration entre l’Inserm, l’Université de Montpellier 1, le CHRU et la société Tridology est l’oeuvre du Pr Hamamah, du Dr Élodie Scalici et du Dr Samuel Mérigeaud. Elle a fait l’objet le 1er juillet d’un dépôt de brevet pour l’Europe et les États-Unis, a précisé le Pr Hamamah.

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Source : AFP

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