Imprimante 3D : Un ours en peluche 2.0

Le potentiel des imprimantes 3D suscite l’intérêt des plus grandes entreprises. Disney, géant mondial de l’industrie du divertissement, présente par l’intermédiaire de son laboratoire de recherche et développement (R&D): Disney Research, deux travaux liés à l’impression 3D.

Un ours en peluche 2.0 :

Le premier concerne la fabrication d’un symbole aux Etats-Unis, l’ours en peluche « Teddy Bear ». Pour ce faire, l’entreprise a  croisé une imprimante 3D avec une machine à coudre, à l’instar de ce qui est fait avec l’Open Knit. La différence avec cette dernière réside dans sa capacité à créer des volumes en tissu, avec un niveau de personnalisation assez élevé. La machine permet de réaliser un prototype rapide de futurs produits, notamment, vous vous en doutez, des jouets.

Pour y parvenir, Scott Hudson de l’Université Carnegie Mellon Institute et une équipe d’ingénieur du Disney Research ont modifié une imprimante 3D RepRap. La buse d’impression initialement utilisée pour déposer du plastique ( FDM ) a été remplacée par une aiguille et le filament plastique ABS ou PLA habituellement employé par de la laine.

Ressemblant plus par son fonctionnement à une machine à coudre qu’à une imprimante 3D, la première « ligne » de laine est tissée sur une feuille de feutre, en suivant un patron défini au préalable. Une fois, la base cousue le concept d’impression additive reprend le relais. L’imprimante 3D vient coudre, couche par couche, le modèle modélisé sur ordinateur.

Le résultat, bien qu’encore au stade de prototype est tout de même très abouti et se montre très encourageant. La peluche souffre tout de même d’une assez grande fragilité. Un problème pour une commercialisation orientée jeune public. Les utilisations d’une telle machine à coudre sont nombreuses, on peut imaginer la conception de vêtements, comme des écharpes, des chapeaux ou encore des robots à corps souple.

Dans l’optique de fabriquer des jouets robotisés, Hudson expérimente l’ajout d’un canvas en nylon imprimé en 3D sur lequel le fil peut être cousu. Ainsi, le chercheur s’est employé à créer le bras d’un ours en peluche doté d’un squelette en plastique. Des articulations pliables au poignet, au coude et à l’épaule sont reliées à un servomoteur. Ce dernier est en charge de faire fonctionner mécaniquement l’ensemble. Hudson précise :  « Afin d’améliorer la robustesse du modèle, nous envisageons d’injecter de petites quantités d’une colle flexible sur le tissu feutré, dans le but d’obtenir un maillage plus solide et plus dense. » Pour des jouets, il leur faudra trouver une colle capable de garder la douceur naturelle des fibres de laines et surtout non-toxique.

Ce sera peut-être les prémisses de l’ours en peluche robotisé vu dans le film de science-fiction « A.I » de Steven Spielberg.

Des enceintes interactives :

Le second projet de Disney Research exploite beaucoup plus clairement l’impression 3D. Le chercheur Yoshio Ishiguro travaille sur un moyen de concevoir de enceintes audio intéractives où toutes sortes de formes sont possibles. De la spirale au canard, en passant par l’ourson. Ouvrant la aussi, le champ à de nouvelles possibilités en termes de créativité. Côté son, les hauts parleurs fonctionnent avec un système électro-statique, différent de ceux que nous utilisons au quotidien. D’une puissance de 60 db, ils sont peu performants en terme de basse mais donnent un résultat satisfaisant quand il s’agit de sons à haute-fréquence, pour des gazouillis d’oiseaux, des bips sonores d’ordinateurs ou même la voix humaine.

Les chercheurs ont mis au point des surfaces conductrices, créées grâce à des pulvérisations d’une peinture conductrice d’électricité à base de nickel. Produit par impression 3D, le corps de l’enceinte est ensuite pulvérisé avec cette peinture.

Ishiguro précise : « Une fois que les imprimantes 3D multi-matériaux seront développées, elles pourront imprimer des circuits électriques et des électrodes fonctionnelles, les pulvérisations manuelles pourront alors être évitées. D’ici 5 à 10 ans, une imprimante 3D capable d’exploiter des matériaux conducteurs pour créer la pièce entière. »

Comme vous pourrez le constater dans cette vidéo, les enceintes avec les pièces imprimées pourront interagir avec un programme installé sur ordinateur. Il peut tout à fait être envisagé de faire un jeu d’éveil pour les plus petits, où l’action de l’enfant influe sur le logiciel.

L’impression 3D est une technologie pour laquelle le PDG de la firme Disney a montré très tôt, un réel engouement. Il s’est d’ailleurs exprimé à ce propos en ces termes : « Je pense que d’ici quelques années, chaque foyer sera équipé de sa propre imprimante 3D, à l’image de nos imprimantes de bureau et cela avant l’horizon 2020 .» Avec une telle déclaration, nul doute que la firme de Mickey prendra le virage de l’impression 3D à la corde. De l’innovation au merchandising, d’autres projets liés à cette technologie doivent probablement être déjà dans les cartons. Additiverse vous tiendra informé.

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