Il remplace sa prothèse à 42.000 $ par une imprimée à 50 $ !

Né sans main gauche, José Delgado Jr. a utilisé une prothèse dotée d’un crochet depuis sa plus tendre enfance. En 2011, âgé de 49 ans, il s’équipe d’une prothèse myoélectrique à 42.000 $, qui est équipée de capteurs qui réagissent aux impulsions électriques fournies par les muscles l’avant-bras. Ainsi, elle s’ouvre et se ferme en fonction des contractions musculaires.

Portée pendant jusqu’à aujourd’hui, la prothèse myoélectrique possède certains inconvénients. En plus du prix de 42.000 $ qui n’était que partiellement remboursé  par son assurance, seulement 3 doigts sur 5 sont véritablement fonctionnels. Pire, elle peut se montrer imprévisible. José Delgado explique qu’au volant de sa voiture, une simple bosse sur la route pouvait déclencher l’ouverture de la main. De plus, le froid pouvait perturber lui aussi le signal, l’obligeant à laisser ses muscles au chaud, par tous les temps. Ces désagréments, le pousse petit à petit à chercher une autre alternative.

Ses recherches le mène à la découverte d’un organisme à but non-lucratif :  « E-Nabling the future », composé de près de 700 bricoleurs, masers, scientifiques, ergothérapeutes. Tous réunis dans le but de fabriquer et d’améliorer des prothèses de mains mécaniques. C’est là que José Delgado fait deux rencontres. La première, celle de Jeremy Simon et avec lui, la prothèse qui deviendra sa nouvelle main.

Simon était propriétaire d’une société spécialisée dans la sécurité. Revendue, il y a quelques années, il a depuis ouvert un blog consacré à l’impression 3D: 3DUniverse.org. Ce dernier a déclaré à ce propos :  « J’étais dans une période d’exploration et l’impression 3D a attiré mon attention. J’ai alors pris conscience de son énorme potentiel. » Il s’est alors mis en quête de l’utilisation la plus pertinente de l’impression 3D. Ce qui l’a amené, à se pencher, luiaussi, sur l’organisme E-Nabling et ses travaux sur les prothèses. « C’est l’utilisation la plus cool de l’impression 3D que j’ai trouvé » poursuit-il.

José Delgado et Jeremy Simon discutent alors longuement de la prothèse myoélectrique. Simon avoue sa nervosité et son inquiétude quant à l’impression et la livraison d’une prothèse sortie d’une imprimante 3D, destinée au travail : « J’étais nerveux, je n’avais jamais eu la chance de le faire pour une personne réelle. Par le passé, j’avais imprimé des mains destinées à des enfants mais systématiquement d’autres professionnels étaient intervenus pour réaliser des ajustements.»

Simon a commencé par prendre les dimensions, puis a entrepris de construire la main mécanique, en se basant ur les plans de Jorge Zuniga. Exploitant du plastique ABS, 14 heures d’impression ont été nécessaires sur son imprimante Flash Forge Creator 3D. Il ne restait plus qu’à Simon d’attendre le retour de Delgado.

Le premier test fut concluant, Delgado a pu s’en équipé très simplement. après quelques ajustages, Delgado se souvient des paroles de Simon :  « Allez-y, prenez-la pour une semaine. »

De suite, José s’est amusé à comparer les deux prothèses, notamment sur son lieu de travail : «Quand je l’ai mise, je me suis dit : Waouh ! Je peux plier les 5 doigts». Chose devenue possible en pliant son poignet.

Après quelques semaines d’utilisation à son domicile et sur son lieu de travail. Où il est magasinier . La prothèse qui peut supporter jusqu’à 13 kilos remplit complètement son rôle et se trouve être bien plus pratique car les doigts fonctionnent comme ceux d’une vraie main.

De nouveau réuni afin de comparer en vidéo les deux prothèses. Le résultat est pour José Delgado sans appel. La main myoélectrique a coûté 42.000 $ et ne comble pas toutes les attentes de son utilisateur. Quant à la main imprimée par Simon, elle se trouve être plus fonctionnelle et n’a coûté que 50 $ ( hors frais de conception et réglages divers) De plus, cette dernière se trouve être facilement réparable, grâce à des pièces rapidement imprimable.

Avant de se séparer, José Delgado demande à Jérémy combien il lui doit pour sa nouvelle main. Simon lui a alors répondu : « C’est gratuit ». Puis ce dernier lui a donné quelques pièces de rechanges.

Encouragé par ce succès, Simon comprend qu’à l’avenir sera entièrement personnalisante : « Une de mes objectifs sur le long terme consiste à permettre aux personnes en situation de handicap de faire leur prothèse eux-mêmes. On peut même envisager que des enfants construisent leurs propres prothèses.»

 

 

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