Livre sur l’ Impression 3D

Christopher Barnatt est une figure bien connue dans le monde de l’impression 3D. Ses vidéos You Tube ont déjà été vu 4,5 millions de fois, et son premier livre sorti en Mai 2013 «Impression 3D: la prochaine révolution industrielle» est devenue célèbre dans le monde et a été traduit en chinois, japonais et coréen. Le 7 Novembre, une mise à jour appelée « Impression 3D: Seconde Edition » a été publié. 3Ders a réalisé une interview de Chris pour en savoir plus.

3Ders : Votre livre est-il une mise à jour de la première édition ou est-ce fondamentalement un nouveau livre?

Chris Barnatt: C’est une mise à jour majeure, reflétant la vitesse du changement dans l’industrie de l’impression 3D au cours des 18 derniers mois. Environ la moitié des chapitres ont été rédigés à partir de zéro, le reste est une mise à jour importante. Je n’ai pas changé les choses pour le plaisir de le faire, mais je voulais essayer de livrer un guide complet mis à jour sur toutes les technologies d’impression 3D et les avancées dans l’industrie de l’impression 3D, et donc beaucoup de mise à jour était nécessaire!

 

3Ders: Pouvez-vous nous donner un exemple?

Chris Barnatt: Eh bien, pour commencer, dans le premier chapitre que vous pouvez télécharger gratuitement ici,  je classe l’impression 3D en quatre segments de marché distincts : le prototypage rapide, la production de moules/outillages, la fabrication de produits finaux et la fabrication personnelle. Tous ces marchés présentent des possibilités et défis différents. Comme vous le savez, en ce moment la plupart des choses imprimées en 3D par les entreprises sont des prototypes. Mais, après avoir rencontré les acteurs de l’impression 3D, il semble assez clair qu’à la fin de la décennie, nous aurons franchi un point de non-retour, avec la plupart des articles provenant de l’impression 3D. Ceci est très excitant, mais nécessite une transition difficile pour l’industrie. Depuis près de 30 ans, les entreprises d’impression 3D ont opéré dans un secteur du marché de niche, le prototypage rapide. Pourtant, d’ici peu de temps, ils rivaliseront pour offrir pour une utilisation plus courante de la technologie industrielle.

 

3Ders: Et en plus de cela, l’impression 3D personnelle est en train de changer de façon significative, n’est-ce pas ?

Chris Barnatt: En effet! Il y a encore quelques années, la plupart des gens qui étaient propriétaires de leur propre imprimante devaient la construire eux-mêmes. Mais maintenant il y a plus de 100 modèles personnels plug and play que chacun peut tout simplement acheter et utiliser facilement. Les nouveaux entrants comme XYZprinting, avec leur matériel Da Vinci à partir de 500 $, est particulièrement intéressant. XYZprinting est en fait une filiale du groupe Kinpo, groupe taïwanais, qui affiche un chiffre d’affaires d’environ 30 milliards de dollars, soit dix fois plus que l’ensemble du secteur de l’impression 3D. Actuellement, c’est un acteur relativement petit dans le secteur de l’impression 3D, mais leur expérience et leur chiffre d’affaires mondial dans l’électronique de consommation signifie qu’ils ont le potentiel pour prendre des parts de marché conséquentes.

 

3Ders: Et ils sont loin d’être le seul nouveau venu. Récemment, nous avons vu Dremel et HP sur le marché. Sans parler de plusieurs introductions en bourse en 2014.

Chris Barnatt: Oui, le lancement de Dremel avec son imprimante personnelle 3D Builder est intéressant, même si elle est un modèle de fabricant chinoise Flash Forge. La rentrée très récente d’HP dans l’impression 3D (après une première expérience de revente d’imprimante Stratasys en Europe au début de cette décennie) est aussi fascinante, et c’est la dernière information que j’ai ajouté dans mon livre!

 

3Ders: La nouvelle technologie Multi Jet Fusion (HP) semble être révolutionnaire, offrant vraiment l’impression en couleur. Et je vois que son annonce a fait chuter le prix de l’action d’autres grands fabricants d’imprimantes 3D.

Chris Barnatt: Oui, mais HP ne sera pas sur le marché avant 2016, donc je ne pense pas qu’il est une véritable menace pour 3D Systems et Stratasys ou, du moins, pas à court ou moyen terme. 2014 a également été une très bonne année pour de nouvelles innovations technologiques des grands acteurs existants, tels que l’Objet500 Connex3 de Stratasys qui permet l’impression multi-matériaux en couleur, et la ProJet 4500 de 3D Systems avec son impression d’objet plastique en couleur. Il est également bon de voir différentes formes de lit de poudre (frittage laser et fusion laser) qui arrivent, et devrait arriver sur le bureau. Personnellement, voir l’impression 3D de métal grâce à l’imprimante de bureau Realizer SLM-50 était un spectacle merveilleux à voir au TCT le mois dernier. Ce salon était également idéal pour assister aux démonstrations de nouveaux matériaux, comme bronzeFill et copperFill de ColorFab, et NinjaFlex de Fenner Drives, matériaux désormais disponible pour les consommateurs particuliers. Sans parler de l’évolution récente de filaments renforcés par des fibres.

 

3Ders: et de filaments dont les nanotubes de carbone et aussi le graphène. Il y a quelques semaines, la société graphene3D Lab a annoncé qu’elle avait réussi à imprimer en 3D tous les éléments nécessaires pour faire une batterie de graphène.

Chris Barnatt: Oui, et je parle un peu des nanotechnologies dans le livre, ainsi que de la biologie synthétique! En fait, le chapitre «Impression 3D et le développement durable » de mon dernier livre a été remplacé par un nouveau appelée « impression 3D et contexte ». Ceci est la façon dont l’impression 3D, la biologie synthétique et les nanotechnologies sont susceptibles de converger pour faciliter de nouvelles formes de fabrication numérique locale. Un jour, nous pourrons même voir la bio-impression dans les processus de fabrication «traditionnelle». Par exemple, avec des filaments organiques et des matières premières imprimées en 3D cultivées ou fermentées localement.

 

3Ders: Cela semble être le futur?

Chris Barnatt: Certainement, même si, comme vous l’avez dit, graphene3D Lab est déjà en train de faire des choses cool avec les filaments nanocomposites, je ne veux pas donner l’impression que la deuxième édition du livre soit trop centrée vers l’avenir. Tout comme dans la première édition, la majorité du contenu concerne les technologies actuelles, pour le public actuel et les acteurs du marché privé, pionniers de la fabrication numérique. Le livre est utilisé comme un manuel dans certains collèges, et ils veulent la dure réalité! L’impression 3D est loin d’être la seule technologie qui permettra la prochaine révolution industrielle, en nous permettant de créer plus avec moins au niveau local. Et donc, je cherche à rester terre à terre le plus possible.

 

3Ders: Est-ce qu’il y a aura une troisième édition?

Chris Barnatt: Si la deuxième édition fait aussi bien que la première, je rédigerai un autre livre début 2016. En ce moment, je commence à travailler sur un livre qui ressemble à un éventail beaucoup plus large des technologies futures. L’impression 3D est là mais les robots aussi, l’exploitation minière d’astéroïdes, le transhumanisme et toutes sortes de choses.

 

3Ders: Mais revenons à ce livre, vous êtes positif sur la direction prise par l’industrie de l’impression 3D ?

Chris Barnatt: Oui, mais moins positif sur la façon dont l’impression 3D est perçue et représentée. Les médias de masse se concentrent sur l’avenir les choses imprimables en 3D à la maison, et puis ils écartent cet avenir possible parce que «tout n’est pas fait de plastique ». Même dans cinq ou dix ans, l’impression 3D est susceptible de rester industrielle. Ainsi, dans peu de temps, nous serons nombreux à posséder des produits en tout ou partie imprimés en 3D, la plupart d’entre eux seront fabriqués dans une usine ou un bureau, pas sur une table de cuisine. Cela ne remet pas en cause le fait que probablement des millions de personnes vont posséder une imprimante 3D en 2020, mais même la vente d’un million d’imprimantes 3D, qui est une prédiction réaliste, représentera une valeur inférieure à un milliard de dollars, et donc pas plus de 10 pour cent du total des recettes de l’industrie de l’impression 3D la fin de la décennie.

Et vous, quelle est votre vision de l’avenir de l’impression 3D ? Partagez votre avis sur additiverse.com !

Source : 3ders.com

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